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Sélection · Amériques

Maillot rétro de l'Uruguay : la Celeste et ses quatre étoiles

À peine plus de trois millions d'habitants, et quatre étoiles au-dessus de l'écusson. L'Uruguay est la grande anomalie du football mondial : un petit pays coincé entre l'Argentine et le Brésil, qui a gagné deux tournois olympiques, deux Coupes du monde et quinze Copa América. Sa couleur, un bleu ciel que tout le pays appelle simplement « la Celeste », est devenue bien plus qu'un maillot : une manière d'être.

Des pelouses parisiennes de 1924 aux années Suárez, suivons le maillot uruguayen à travers ses grandes heures, avec les modèles rétro à chercher et quelques conseils pour qu'un bleu ciel reste bleu ciel.

Mis à jour le · Par la rédaction

Fondation1900
StadeEstadio Centenario
SurnomLa Celeste
Couleurs
Maillot de foot bleu ciel plié sur un banc de tribune, à côté d'un homme qui boit du maté
Histoire

Les maillots mythiques de la sélection

  1. 1924

    Le maillot bleu ciel des Jeux olympiques de Paris, où l'Uruguay éblouit le public de Colombes. José Leandro Andrade y gagne son surnom de « Merveille noire ».

  2. 1930

    La première Coupe du monde de l'histoire, organisée et gagnée à domicile, au Centenario, contre l'Argentine (4-2). Un maillot fondateur.

  3. 1950

    Le maillot du Maracanaço, la victoire 2-1 au Brésil devant une foule immense, avec les buts de Schiaffino et Ghiggia et le capitaine Obdulio Varela.

  4. 1995

    Copa América gagnée à domicile, au Centenario, face au Brésil aux tirs au but. Enzo Francescoli au sommet de son art.

  5. 2010
    Puma

    La demi-finale en Afrique du Sud, Diego Forlán élu meilleur joueur du tournoi et la main de Luis Suárez contre le Ghana. Le maillot d'une renaissance.

Pourquoi quatre étoiles sur le maillot de l'Uruguay ?

C'est la première question que pose n'importe quel curieux devant un maillot de la Celeste. Les sélections championnes du monde portent une étoile par titre, et l'Uruguay n'en a gagné que deux, en 1930 et en 1950. Les deux autres rappellent les tournois olympiques de 1924 et 1928, à une époque où les Jeux étaient la plus grande compétition de football de la planète. Pour les Uruguayens, ces deux médailles d'or valent des titres mondiaux, et ils les portent fièrement sur la poitrine.

Pour un collectionneur, ce détail sert aussi de repère. Les étoiles sur les maillots sont une tradition récente : un maillot qui prétend dater de 1930 ou de 1950 avec quatre étoiles brodées est forcément une réédition ou une création moderne. Rien de grave, tant qu'on le sait au moment de payer.

Colombes 1924 : la Merveille noire éblouit Paris

L'histoire de la Celeste commence vraiment en France. Aux Jeux olympiques de 1924, à Paris, une équipe venue de l'autre bout du monde débarque avec un jeu fait de passes courtes et de dribbles, à mille lieues du football physique pratiqué en Europe. José Nasazzi commande la défense, Héctor Scarone et Pedro Petrone marquent, et le demi José Leandro Andrade fascine tant le public de Colombes qu'on le surnomme la « Merveille noire ». L'Uruguay bat la Suisse en finale et repart avec l'or. On lui attribue souvent l'invention du tour d'honneur, cette course autour du terrain pour saluer le public.

Quatre ans plus tard, à Amsterdam, la Celeste conserve son titre en battant l'Argentine en finale, après un match à rejouer. La rivalité avec le voisin d'en face, qui porte lui aussi du bleu ciel, est lancée pour un siècle.

Le Centenario et le Maracanã : deux sommets

En 1930, l'Uruguay organise la toute première Coupe du monde et construit pour l'occasion l'Estadio Centenario, baptisé en hommage au centenaire de la première constitution du pays. La finale l'oppose encore à l'Argentine : menée à la pause, la Celeste renverse le match et s'impose 4-2. Le Centenario reste aujourd'hui la maison de la sélection.

Vingt ans plus tard, au Brésil, l'Uruguay signe l'exploit le plus célèbre de son histoire. Lors du match décisif, au Maracanã, le pays hôte n'a besoin que d'un nul. Schiaffino égalise, Ghiggia marque le but de la victoire, et le capitaine Obdulio Varela fait taire une foule immense. Le choc est si violent que le Brésil abandonne son maillot blanc pour adopter le jaune. Peu de maillots peuvent se vanter d'avoir fait changer de couleur un adversaire.

Francescoli, le prince venu jouer en France

Après la demi-finale du Mondial 1970 perdue contre le Brésil de Pelé, la Celeste traverse des années plus discrètes, mais elle continue de gagner en Copa América. Son grand artiste de la fin du siècle s'appelle Enzo Francescoli. Le meneur de jeu élégant, surnommé le Prince, remporte la Copa América en 1983, 1987 et 1995, et passe par la France : d'abord au Racing Paris, puis une saison à l'Olympique de Marseille, sacrée championne. Un jeune Marseillais nommé Zinédine Zidane l'admire tant qu'il appellera son fils aîné Enzo.

Les maillots de la Celeste de cette époque, plus rares en réédition que ceux de 1930 ou 1950, plaisent beaucoup aux collectionneurs qui aiment les pièces moins vues. Le modèle de la Copa América 1995, gagnée à domicile au Centenario, reste le plus apprécié.

Forlán, Suárez, Cavani : la Celeste des années 2010

En 2010, en Afrique du Sud, l'Uruguay retrouve le dernier carré de la Coupe du monde pour la première fois depuis quarante ans. Diego Forlán est élu meilleur joueur du tournoi, et Luis Suárez entre dans l'histoire d'une manière moins glorieuse, en repoussant de la main un ballon ghanéen sur la ligne en quart de finale, avant une qualification aux tirs au but. Un an plus tard, la Celeste remporte la Copa América en Argentine, chez son grand rival.

Ces maillots signés Puma, qui a longtemps habillé la sélection, sont devenus des classiques de la décennie. Ajoutez-y Edinson Cavani, recordman de buts du Paris Saint-Germain pendant plusieurs années, et Diego Godín, capitaine infatigable : la génération des années 2010 a remis le bleu ciel sur toutes les épaules. Pour situer ces modèles, consultez notre dossier sur les maillots des années 2010.

Acheter et entretenir un maillot de la Celeste

Le bleu de l'Uruguay est un ciel franc, un peu plus soutenu que celui de l'Argentine sur la plupart des modèles. Avant d'acheter, comparez la teinte avec des photos d'époque : une réédition trop pâle ou tirant vers le turquoise perd tout son charme. Pour les pièces vintage, notre guide maillot vintage original ou réédition vous aidera à distinguer les deux.

Ce bleu clair est aussi fragile. Lavage à froid, à l'envers, jamais de sèche-linge ni de séchage en plein soleil : notre guide pour laver un maillot de foot détaille les bons gestes. Si l'Uruguay vous donne envie de lancer une collection de sélections sud-américaines, notre guide pour commencer une collection de maillots vous aidera à fixer un budget. Vous pouvez comparer les maillots rétro de l'Uruguay sur Amazon, où l'on trouve surtout des rééditions de 1930, 1950 et des années 2010.

Enfin, aucun fan de la Celeste ne devrait passer à côté du livre de l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano, Le Football, ombre et lumière, un recueil de textes courts qui se lit dans le train comme au coin du feu. Il figure dans notre sélection des meilleurs livres de foot, et vous le trouverez facilement en édition de poche.

Ils ont porté ce maillot

  • José Nasazzi
  • Héctor Scarone
  • José Leandro Andrade
  • Obdulio Varela
  • Juan Alberto Schiaffino
  • Alcides Ghiggia
  • Ladislao Mazurkiewicz
  • Enzo Francescoli
  • Diego Forlán
  • Luis Suárez
  • Edinson Cavani
  • Diego Godín

Questions fréquentes

Pourquoi l'Uruguay a quatre étoiles sur son maillot ?

Deux étoiles rappellent les Coupes du monde de 1930 et 1950. Les deux autres célèbrent les tournois olympiques de 1924 et 1928, que l'Uruguay considère comme des championnats du monde avant l'heure, puisqu'ils réunissaient alors les meilleures sélections. C'est une particularité unique au monde.

Pourquoi l'Uruguay joue en bleu ciel ?

Le bleu ciel s'est imposé au début du XXe siècle et a donné son surnom à la sélection, la Celeste. Il fait écho aux bandes bleues du drapeau uruguayen. Le maillot se porte traditionnellement avec un short et des chaussettes noirs.

Qu'est-ce que le Maracanaço ?

C'est le nom donné à la victoire de l'Uruguay contre le Brésil (2-1) lors du match décisif de la Coupe du monde 1950, au Maracanã. Le Brésil n'avait besoin que d'un nul. Le choc fut tel que le Brésil abandonna ensuite son maillot blanc pour le jaune.

Quel lien entre Enzo Francescoli et Zinédine Zidane ?

Francescoli, meneur de jeu de la Celeste, a joué en France au Racing Paris puis à l'OM. Le jeune Zidane l'admirait tant qu'il a prénommé son fils aîné Enzo en son honneur.

Comment éviter qu'un maillot bleu ciel se délave ?

Lavez-le à l'envers, à froid ou à 30 degrés maximum, avec une lessive pour couleurs, puis séchez-le à plat et à l'ombre. Le bleu ciel pâlit vite au soleil et au sèche-linge, surtout sur les maillots en polyester des années 90.

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